mardi 14 mai 2013

Parure de naissance.

   Bonsoir à tous!

   Après une interruption un peu longue des communications pour cause de voyage, me voici de retour parmi vous! J'espère pouvoir illustrer un jour mon périple à Istanbul, en réalisant un motif à l'image des nombreux que j'ai pu admirer là-bas: les carreaux de faïence (azulleros, ou tiles en anglais) avec des fleurs (tulipes notamment, emblème de la ville) en bleus et or, ou encore les calligraphies aux arabesques délicates... Je ne sais pas si une telle finesse et de telles volutes sont faisables en fimo, mais je tenterai le coup, j'ai été tellement émerveillée!


Revenons à nos moutons! Qui se cache derrière cet ustensile???

   Puisqu'il est arrivé à bon port, je peux enfin dévoiler le cadeau de naissance que j'ai réalisé pour mon neveu, petit chevalier en puissance. J'ai voulu lui confectionner des couverts amusants, colorés et qui donnent envie de manger.
Alors je me suis amusée à faire dans le "local", autrement dit le "péi"! C'est ainsi que sont nés trois petits margouillats, trois lézards verts entre réalité et imagination, qui se dorent la pilule sur un couteau, une fourchette et une petite cuillère.
   Pour ceux qui aiment bien le "Comment qu'on fait?", l'idée est simple, la réalisation beaucoup plus longue...
J'ai d'abord réalisé une plaque de bleu turquoise sur laquelle j'ai collé des points de toutes les couleurs, passé un coup de rouleau pour les intégrer, découpé en rectangles et recouvert les couverts (çà rime!) en lissant bien les sutures pour les faire disparaître (pas si facile qu'il y paraît!). Jusque là, ça va!

    Ensuite est venue l'étape de création des lézards. Le premier né (sur le couteau) est le plus simple, directement inspiré des phesulmas locaux: un corps vert uniforme, sur lequel on ajoute des touches de rouge, des yeux, des pattes (grrr... elles m'en ont donné du fil à retordre ces pattes!) et le tour est joué. 
   Les deux autres sont plus compliqués: préparer un dégradé du vert au rouge ou du vert au jaune, le plier en 1000 feuilles pour avoir un boudin dégradé dans son épaisseur, couper ce boudin en deux et garder une partie. Dans la 1ère moitié, affiner l'extrémité pour faire la queue et donner la forme de la tête, sans déformer le dégradé. Dans la moitié mise de côté, affiner jusqu'à avoir un diamètre satisfaisant pour les pattes, couper 4 segments, les souder au corps en prenant soin de faire se rejoindre les 2 dégradés, lisser les sutures et donner leur forme aux pattes, découper les doigts et les séparer délicatement.



    Ajouter des yeux en volume (demies-sphères), lisser, dessiner la bouche, les narines. Lorsque le lézard est terminé, il faut ensuite le disposer sans le déformer sur le couvert, placer les pattes et la queue dans une posture réaliste. Cela avec une température avoisinant les 34°C et une fimo qui se fait molle, molle, molle et colle au 1er contact. J'ai oublié de préciser que toute cette étape se fait sans poser le couvert, sinon on déforme soit le fond bleu, soit le lézard! Vive les crampes! J'en ai piqué des crises de nerfs! J'ai même dû achever un lézard qui avait mal fini!
   Enfin, une fois toutes ces étapes franchies, il faut arriver à cuire l'ensemble sans laisser de marques! Et là, le sable merveilleux de La Réunion vient remplir son office: on en remplit un petit pot en verre, on pique le couvert dedans et c'est parti pour 30min à 100°C!

 

Le résultat est là: trois couverts et trois lézards différents qui, je l'espère, amuseront mon petit neveu et lui laisseront un souvenir original de moi. J'y ai mis tout mon cœur!
Cela dit, l'ensemble est finalement assez lourd et contondant et pour avoir eu deux enfants, je pense qu'il serait judicieux d'attendre que le petit chérubin ait dépassé la phase du "Je jette tout par terre pour voir ce que çà fait", sauf si l'on ne craint ni les bosses, ni les lézards dans l’œil! ;)

2 commentaires:

  1. Je les ai vus ces adorables couverts!!!Ils sont trop beaux , extrèmement fignolés,inimitables et originaux,Bravo, Bravo
    Maniele

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  2. Ce travail est d'une finesse et d'une virtuosité à en faire pâlir un orfèvre. On sent tout le talent et l'amour mis à le réaliser. Et si le petit chevalier n'est pas encore prêt à les utiliser, au moins il peut à chaque moment les admirer. Merci encore.

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